Angélique Julia : le visage de la danse orientale à Bordeaux (33)

'Elégance et féminité caractérisent le style et l'univers d'Angélique.'

‘Elégance et féminité caractérisent le style et l’univers d’Angélique.’

Le cours Victor Hugo à Bordeaux. Une longue silhouette brune trace son chemin quand, soudain, elle s’arrête devant une vitrine masquée jusqu’à mi-hauteur. Derrière la protection, Leïla Mameri enseigne la danse orientale. La jeune silhouette reste immobile, ne pouvant pas se ‘détacher de cette vision.’ Le lendemain, elle revient pour procéder à son inscription ‘inconditionnelle et immédiate’.

Elégance et Féminité caractérisent le style et l’univers d’Angélique. Enfant, son imaginaire se développe sous l’égide des actrices qu’elle admire dans les péplums dont elle raffole. Elle est fascinée par Vivien Leigh et Liz Taylor. Passionnée par l’Egypte ancienne, elle découvre avec ravissement Samia Gamal dans ‘Ali Baba et les 40 voleurs’.

Hors ces incursions, par le biais du cinéma,  dans le sable des déserts orientaux, Angélique est éloignée de la musique et de la danse orientale. Certes, l’un de ses grands pères a vu le jour à Alexandrie, mais si cela influence ses centres d’intérêts, c’est de façon inconsciente. Elle suit des cours de danse classique et de jazz. Plus que les cours, elle préfère ‘les séances dans ma chambre qui duraient des heures, et où je pouvais laisser libre cours à mon imagination, à ma propre gestuelle.’ L’esprit du baladi n’est pas loin 😉 !

Elle est contrainte, faute de moyens financiers, d’abandonner sa formation de danseuse au moment où elle entame des études de lettres. Toutefois, elle se rend vite compte ‘qu’il me manquait une substance vitale.’

Tandis que son mari, musicien, écoute Natacha Atlas, Angélique commence sa ‘découverte des sons de l’Orient, dansant à ma façon sur l’album Halim.’ Peu de temps après a lieu la rencontre fortuite avec le cours de Leïla Mameri, qui enseigne à Angélique ‘le vocabulaire de base de cette danse, loin des paillettes et de toutes idées de show.’ Musicalement, cette professeure est inspirée et n’hésite pas à aller glaner des pépites dans tous les registres. Cela convient parfaitement au caractère d’Angélique, résolument tourné vers la créativité.

Forte de ce premier enseignement qui lui laisse saisir ‘toute la richesse, la complexité de cette danse’ elle a ‘soif de formation et de technique.’ Paris est la première étape de son parcours, puis viennent la Turquie, l’Egypte, l’Espagne et les Etats-Unis. ‘Aujourd’hui, la formation se poursuit et elle ne s’arrêtera jamais.’

"...une danseuse est très souvent une actrice."

« …une danseuse est très souvent une actrice. »

La deuxième rencontre fondamentale est celle avec le public. C’est dans le très beau décor d’un restaurant qu’Angélique trouve ‘un mode d’expression qui transcendait mes peurs … je voulais vivre le plus souvent possible ce partage avec les gens. On devient vite accro.’ L’enfant, fine connaisseuse de l’éclat des grandes actrices hollywoodiennes, guide la femme vers le plaisir de jouer la comédie ‘une danseuse est très souvent actrice.’

Si le spectacle l’épanouit pleinement, parce que chaque nouveau projet lui ‘paraît toujours être plus exigeant, plus beau, plus abouti que le précédent’, elle vit ‘des émotions intenses chaque jour à travers l’enseignement, qui est tout sauf une routine.’

L’enseignement, Angélique le souhaite ‘limpide et dans le respect de l’anatomie de chacun(e).’ Le développement de la musicalité du mouvement est également mis en avant grâce à la présence de Rachid, joueur de darbouka, dans une partie des cours. La créativité est servie par un cours de fusion où interviennent des professeurs  de danses urbaines, espagnole, indienne, jazz et polynésienne. Pour sa part, Angélique se forme auprès de la ‘prêtresse’ de l’ATF west coast – Rachel Brice herself 😉 – afin de partager ce style avec ses élèves.

Angélique salue la sororité des danseuses orientales bordelaises qui sont unies pour promouvoir  la danse orientale et augmenter son audience.  Cette union est salutaire pour résister moralement ‘face aux préjugés d’une partie du monde arabe, et face aux préjugés d’une partie des français.’ Dans le monde de la danse orientale, son rêve est de développer et de transmettre son style,  qu’elle souhaite ‘chic, un poil vintage, et avec une grande place laissée aussi à la fusion.’

Le flop de ce cheminement élégant qui distingue Angélique est aussi….sa rémunération la plus considérable ! ’24.000 baci’ dit la célèbre chanson de variétés italienne. C’est bien de cela qu’il s’agit ! 😉 Ce soir-là, l’orchestre s’essaie à une version free style de ‘Leilat Hob’. Le retour sur scène est si mauvais, qu’Angélique décide de descendre pour danser autour des tables. Mauvais calcul. Sa personne, ses perles, son costume sont pris d’assaut par un ‘gang d’enfants’ qui l’empêche de faire tout mouvement. Sa prestation se résume donc à ‘un genre de procession’ autour de la salle.  Mutine, Angélique conclut J’ai donné à voir une danse qui était la nullité même, mais j’ai eu droit à au moins 2.000 bisous !’

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