Instantanés Singuliers : la danse de la déesse-mère

"La danse orientale prend sa source dans la nature."

« La danse orientale prend sa source dans la nature. »

Chaque mois, l’Atmosphérique Marie Kléber nous convie à un rendez-vous photographique appelé Instantanés Singuliers.

La règle du jeu est simple : elle nous donne un thème à illustrer par une photo de notre cru. Il est possible d’interpréter le thème, ou de le prendre au pied de la lettre.

Pour ma part, je m’amuse à cet exercice en me contraignant à le traiter sous un angle qui le relie à la danse orientale.

Ce mois-ci, le thème est : Naturellement votre.

La danse orientale prend sa source dans la nature, celle du monde et celle des hommes et des femmes.

Techniquement, la danse orientale est une danse pelvienne. Ses origines sont liées aux cultes de la fertilité. Il s’agit pour la danseuse d’humaniser et de célébrer le cycle perpétuel qui va de la mort à la (re)naissance. Le sang menstruel, la fertilité temporaire, l’alternance entre les relations à l’homme et les relations à l’enfant témoignent du lien étroit qui existe entre la femme et les rythmes de la terre, la déesse-mère. A l’éveil succède le sommeil, à l’influence sur l’homme succède l’indifférence de l’amant, à l’arrivée d’un bébé succède le départ d’un enfant qui a grandi, aux forces de vie anciennes succèdent les forces nouvelles.

La danseuse est fragile. Son pouvoir se limite à se laisser traverser par cette énergie féminine pour favoriser son renouvellement afin que les conditions soient propices pour que les hommes puissent transformer la graine confiée à la terre en moisson. Sa méthode est un hymne à la sensualité et à l’amour afin que l’énergie masculine soit canalisée dans des actes civilisateurs.

Cette analogie entre la femme et la terre travaillée par l’homme vit dans notre inconscient. En 1890, dans « Le Moulin de Frau », Eugène Le Roy écrit :

« Ce plaisir est autre chose que celui du riche, qui visite ses domaines qu’il ne cultive pas. Le plaisir de celui-ci est plein de vanité, et tout à la surface, comme s’il avait une belle femme, pour la vue seulement. Mais pour le paysan, c’est comme un vrai mariage entre la terre et lui ; il la tient, la possède, la tourne, la retourne, la façonne à sa mode, la soigne avec grand amour, et jouit en la voyant fécondée par son travail. »

La danse pelvienne appelée danse orientale est une danse des civilisations agraires, une danse qui prend sa source dans la terre.

Et vous ? Quel lien avez-vous avec le cycle des saisons et de la terre ? 🙂

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7 réponses à Instantanés Singuliers : la danse de la déesse-mère

  1. MARIE KLEBER dit :

    J’aime ta vision de cette harmonie entre danse et nature.Pour moi la danse est une manière de célébrer la fertilité de la terre, la féminité, l’essence de l’être.
    Magnifique Sophia. Mille merci pour ta participation

    • Sophia Sola dit :

      Bonsoir Marie. Je suis heureuse si je suis parvenue à transmettre ma pensée, car c’est un peu compliqué de faire la synthèse entre mon travail de danse et le résultat de mes recherches. D’ailleurs, j’ai complété le billet après ton passage. Si cela t’a plu, je suis récompensée de mes efforts. Bisous à vous deux, et merci pour ce rendez-vous photographique qui aiguillonne la créativité. 🙂

  2. bernieshoot dit :

    Une belle nature tout en harmonie

    • Sophia Sola dit :

      Bonjour Bernie. Oui, quand l’homme respecte le cycle naturel, la vie a beaucoup plus de sens et de légitimité 🙂 Belle journée à toi.

  3. PureNrgy dit :

    En effet Sophia, magnifique! Très belle analogie à laquelle je n’avais pas pensée. J’utilise souvent l’analogie « graine/terre » pour créer sa vie (enfanter sa vie disons)
    Douce soirée

    • Sophia Sola dit :

      Bonjour Héloise. Je suis heureuse de te lire. Pour répondre à la question que tu me poses sur ton blog : oui, les pivoines touffues et complexes m’évoquent les jupons de french-cancan 🙂
      L’analogie entre les forces indomptables de la nature et la femme semble très très ancienne dans l’inconscient collectif. Avec le néolithique, la femme semble avoir été associée plus spécifiquement aux énergies terrestres, et à la fertilité. Mais dans les idéologies primitives, elle est surtout assimilée à l’immersion de l’être dans la nature, qui a le pouvoir d’éveiller chez l’homme la pulsion d’agression ou celle de protection. La source première de la danse orientale réside peut-être dans ces premières relations.

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