Fati : le visage de la danse orientale à Trappes (78)

'...partir à la découverte de l’Orient et de ses danseuses.'

‘…partir à la découverte de l’Orient et de ses danseuses.’

L’enfance de Fati est bercée par les musiques égyptiennes que son Papa écoute pour oublier,  le temps d’un refrain, l’Egypte qu’il a quittée. Dans cette atmosphère de douce nostalgie, la petite fille acquiert une écoute musicale subtile qui lui permet, sans comprendre la langue arabe, de sentir les paroles des chansons, et de se laisser émouvoir par elles.

Pas beaucoup plus âgée, Fati tombe sous le charme de  Samia Gamal qu’elle découvre dans le film ‘Ali Baba’ et, durant  les fêtes de famille,  elle danse en imitant ses tantes. Mais tout ceci reste des moments de joie partagée.  La prise de conscience de l’existence d’une culture ancestrale dont elle est héritière et porteuse intervient en 1990, quand, accompagnée d’une amie, elle pousse la porte de son premier cours de danse orientale. Evoquant ce premier contact, elle se souvient que ‘tout [lui] parlait.’

'...tout lui parlait.'

‘…tout lui parlait.’

Fati perçoit  vite que la  maîtrise des techniques de la danse orientale lui permet d’exprimer les émotions que la musique fait naître en elle. Rapidement elle ‘aime faire passer toutes sortes de sentiments à travers [sa] danse’. Jusque-là,  ses émotions étaient enfermées dans son cœur, dans son imaginaire, dans les limites de son regard. Désormais, elles parcourent ‘chaque fibre de son corps et de son esprit’ portées par les mouvements et incarnées dans la danse. Avec une telle façon de vivre la musique, Fati peut improviser lors de ses représentations. Son corps ne doit pas emprisonner les sentiments qui lui viennent en entendant l’oud ou le violon,  mais les exprimer. Et si les sentiments changent, la danse doit changer. C’est ce qui fait que chaque apparition est unique.

La toute première scène, c’est en 1992.  Fati évoque le souci que lui cause son costume. Elle étudie avec la couturière les trucs pour ne pas dénuder trop son ventre et prend place à l’arrière du groupe ‘pour qu’on me voie le moins possible.’

En 2006, Fati ouvre son premier cours. Son enseignement est un mélange de rigueur technique et d’évocations des légendes de la danse orientale. Elle partage avec ses élèves des anecdotes sur Samia Gamal, Hossam ramzy ou encore Mahmoud Reda. Elle leur transmet ainsi des aperçus du contexte dans lequel la danse orientale a évolué pour parvenir jusqu’à cette salle de cours de Trappes.  Chaque élève est invitée à s’approprier, non seulement, la mécanique de la chorégraphie, mais aussi son histoire.

Un jour, deux élèves font une étrange surprise à Fati ;). Ces deux apprenties doivent se produire dans le cadre d’un forum des associations. Le matin même, l’une annule pour cause de poignet foulé, l’autre se désiste pour cause de grippe. Les remplacer au pied levé n’est pas un problème. Le ‘hic’ est que Fati aussi a la grippe.  Alors, danser avec des courbatures plein les muscles, ‘tremblante de fièvre et transpirante’ devient très vite un supplice. Ajoutez à cela un maigre public dubitatif, et vous obtiendrez le souvenir qui fait encore froid dans le dos à Fati quand elle vous le raconte !

Quant à son meilleur souvenir, il tient du rêve. Imaginez-vous un paysage désertique du Sahara recouvert de calcaire : c’est le désert blanc qui brille sous l’éclat de la lune. Dans ce décor féérique aux confins de l’Egypte,  Fati  danse sur des tapis au son d’une vieille sono. Elle parle du vent qui magnifie les mouvements et du plaisir de danser sous les étoiles.  Et, bien sûr, elle évoque la musique qui ‘même de mauvaise qualité, prenait une autre dimension.

Fati est passionnée par la danse orientale. Elle ‘multiplie les lectures, les stages, l’écoute de musiques.’ Elle regrette que toutes celles qui se produisent et  enseignent  la danse orientale ne fassent pas la démarche de se former avec exactitude, tant sur le plan de la pédagogie que sur celui de la connaissance de l’histoire de cette danse.  Car c’est de cette connaissance que Fati  tire son inspiration pour que chaque cours soit l’occasion pour ses élèves de partir à la découverte de l’Orient et de ses danseuses. Le bonheur de Fati est de constater que la magie des temps et des lieux qu’elle évoque, modifie leur gestuelle et influence leurs mouvements. Chacune vient à la source de Fati pour y puiser un peu d’Orient à mettre dans son quotidien. Jusqu’au prochain cours…

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