Sandra Roget en Charente-Maritime

Crédit photo : Sandra Roget

Le terme qui me vient à l’esprit après avoir regardé Sandra danser est : ‘sens du visuel’. Costumes aux effets recherchés et images inattendues, Sandra possède une inspiration toute personnelle qui embellit sa danse.

Cette créativité lui vient-elle des épreuves qu’elle a dues affronter avant de monter sur scène ? Peu d’entre nous ont la chance de naître dans une famille d’artistes professionnels et le chemin est bien souvent ardu pour vivre de sa danse. Mais pour Sandra, il a fallu en plus défier le destin qui avait décidé qu’elle serait agoraphobe. Cette phobie l’a parfois empêché de sortir de chez elle pour accomplir la simple tâche de relever le courrier.

Dans ces conditions, difficile de se projeter dans un métier, et plus encore dans celui de danseuse. Pourtant, durant sa 3ème grossesse, Sandra trouve la volonté d’affronter « ses démons intérieurs » Pour commencer, elle se fixe pour objectif de s’inscrire à un cours collectif. Or le flamenco l’attire depuis qu’elle est enfant. En cherchant un cours sur internet, elle découvre une vidéo de danse orientale. Elle « tombe amoureuse de la musique » et décide d’essayer la danse orientale … « et n’a plus jamais arrêté. »  😉

Crédit photo : Sandra Roget

Les cours, les professeurs et les formations se succèdent dans son parcours. Et la magie opère : « C’est bien la danse qui m’a permis de ‘guérir’ de mon agoraphobie, qui m’a poussé à dépasser mes limites, à rechercher du travail, à me sociabiliser…La danse c’est mon médicament, c’est ma vie ! »

Jung a écrit : « Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité » Victorieuse de sa phobie, Sandra entre dans la lumière en 2013. C’est sa première scène : « Il y avait beaucoup de monde, mais étrangement je n’avais pas peur, bien au contraire ! C’était super ! » Un an plus tard, elle présente son premier solo dans le cadre d’un festival. En terme d’expérience, elle est alors la plus ‘jeune’ des participantes, ce qui lui vaut le petit nom de ‘baby danseuse.’ 😉

De l’expérience, Sandra en acquiert au fil des scènes : « La danse m’a vraiment fait grandir. J’ai pu révéler tout doucement la femme qui s’était profondément endormie et laisser parler mon corps avec toutes mes émotions que je peux ressentir à un instant T »

Dans cette découverte d’elle-même et de sa féminité révélée dans toute son intensité, elle puise des idées neuves qui enrichissent la danse orientale.

Crédit photo : Sandra Roget

Elle participe notamment à un salon sur le bien-être des enfants et la parentalité en présentant une danse sur le thème du lien de la mère au nouveau-né. Abordant la danse orientale sous l’angle de la maternité, elle utilise un dispositif de portage avec un poupon lesté qui modifie sa gestuelle. La qualité d’expression et de véracité de sa danse touche le public : « Le public n’avait pas ce regard parfois un peu intrigué ou malsain devant une danseuse orientale. Ils étaient en admiration et émus par ma prestation alors que j’étais en costume sharki. Il y avait du respect dans leurs regards… »

Sandra a des rêves et des projets : « J’aimerais faire partie d’une compagnie car je trouve le travail chorégraphique plus intéressant et l’esprit de groupe et d’entraide est très important pour moi. Peut-être créer un spectacle autour d’un thème… »

Et cette plénitude qu’elle a conquise grâce à la danse orientale, elle la partage avec ses élèves auxquelles elle veut « continuer de transmettre sa passion. »

Sandra incarne une dimension profonde de la danse orientale et prouve que cette gestuelle s’inscrit dans l’histoire intime des femmes, ancrée dans le passé et tournée vers l’avenir.

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