Naïma Akef, comme l’éclair

Crédit photo : Inconnu

J’ai découvert Naïma Akef dans une vidéo qui, aujourd’hui, a été retirée en raison d’une réclamation fondée sur les droits d’auteurs. C’est une perte pour la danse orientale car c’est dans cette vidéo que son style moderne et vif argent était le plus mis en valeur. Ses mouvements étaient rapides, petits et délicats, avec des enchaînements nouveaux mêlés à sa maîtrise des attitudes plus conventionnelles. Elle dansait en pantalon ce qui convenait parfaitement à sa silhouette.

La carrière de Naïma aurait pu finir dans les loges du Casino Badia, où ses camarades danseuses lui ont tendu une embuscade pour lui flanquer une correction afin de lui passer le goût d’être la favorite de Badia. Naïma rappelait peut-être à Badia Masabni ses débuts à Beyrouth, sur la scène du nightclub de Madame Jeannette, où elle avait conquis le cœur de l’audience chic en dansant et chantant. En effet, Naïma est l’une des seules danseuses à savoir également chanter et elle triomphe à chaque apparition.

Badia est une femme d’affaires, elle connaît la valeur de Naïma, mais elle sait aussi qu’un nightclub ne vit pas sur le talent d’une seule artiste, aussi douée soit-elle. Elle licencie Naïma après que celle-ci se soit sortie des griffes des jalouses…à la force des poings 😛

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Tahia Carioca : Indépendance et Conformisme

"Life Magazine 1942"
« Life Magazine 1942 »

En 1937, quand la troupe du Casino Badia part en tournée estivale dans la Haute-Egypte, elle compte dans ses membres une jeune danseuse au style irrésistible : Tahia Carioca.

La jeune femme est arrivée au Caire quelques années auparavant. Elle a fui un environnement familial conventionnel, farouchement opposé à son désir de devenir danseuse. Elle prend des cours à l’Ecole de danse orientale Ivanova. Puis elle est engagée par Badia Masabni pour danser dans son Casino (le terme « cabaret » désignant des établissements de bas-étage) où se retrouvent les membres de l’administration coloniale et ceux de l’aristocratie orientale. Continuer la lecture de « Tahia Carioca : Indépendance et Conformisme »

Badia Masabni : la Civilisatrice

L'amour du chant, de la danse, du théâtre et de la réussite.
« L’amour du chant, de la danse, du théâtre et de la réussite »

La gare du Caire. Deux femmes arpentent le quai. Toutes deux déterminées. Pour la mère, à ramener sa fille à Damas. Pour la fille, à échapper au contrôle de sa mère, afin de rejoindre une troupe de théâtre itinérant qui part en tournée d’été à Saïd, dans la Haute-Egypte. Et rien ne se mettra entre elle et le premier rôle conséquent qu’on vient de lui proposer. Alors que le train entre en gare, Badia s’enfuit à toutes jambes pour rejoindre son destin.

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Samia Gamal ou l’élégance de la femme enfant

'...les yeux dans les yeux avec le public.'
‘…les yeux dans les yeux avec le public.’

Samia Gamal est une légende. Dans le monde de la danse orientale, son nom est évoqué comme un sortilège dont la force est irrésistible. Pourtant, je n’ai pas le sentiment que son travail soit reconnu à sa juste valeur. Samia Gamal n’est pas seulement une danseuse orientale dont les apparitions divertissent le public, mais une artiste à l’expressivité puissante et une femme libre.

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