Petit inventaire des pas et mouvements de danse orientale, à l’intention des studieuses

C.Ph : Patrice Bucher

Quand la saison des cours de danse orientale touche à sa fin, cela peut être amusant et instructif de faire l’inventaire de tes acquis.

De plus, tu constateras que cette liste sera très utile quand tu auras envie de créer une chorégraphie. En effet, j’ai observé que l’inspiration et la musique ne suffisent pas à coup sûr à faire naître l’enchaînement le plus abouti. Il faut encore que ton esprit te propose tous les outils dont tu disposes, et comme ce n’est pas un ordinateur, tu n’es pas à l’abri des oublis, ni de t’enfermer inconsciemment dans l’utilisation des mêmes pas et des mêmes mouvements … d’où l’intérêt d’avoir un inventaire 🙂

Oui, mais…tu me diras qu’en dehors de quelques pas nommés en anglais, beaucoup sont désignés par des noms différents selon la professeure. Dans ces circonstances, comment établir et mettre à jour ton inventaire ? En suivant ton goût ! 😉 Choisis le nom qui te plaît, qui te parle le plus, et conserve-le pour la totalité de ton document. Continuer la lecture de « Petit inventaire des pas et mouvements de danse orientale, à l’intention des studieuses »

Sandra Roget en Charente-Maritime

Crédit photo : Sandra Roget

Le terme qui me vient à l’esprit après avoir regardé Sandra danser est : ‘sens du visuel’. Costumes aux effets recherchés et images inattendues, Sandra possède une inspiration toute personnelle qui embellit sa danse.

Cette créativité lui vient-elle des épreuves qu’elle a dues affronter avant de monter sur scène ? Peu d’entre nous ont la chance de naître dans une famille d’artistes professionnels et le chemin est bien souvent ardu pour vivre de sa danse. Mais pour Sandra, il a fallu en plus défier le destin qui avait décidé qu’elle serait agoraphobe. Cette phobie l’a parfois empêché de sortir de chez elle pour accomplir la simple tâche de relever le courrier. Continuer la lecture de « Sandra Roget en Charente-Maritime »

Comment choisir son voile de danse orientale ?

Crédit photo : Patrice Bucher

Pour moi, le voile est l’accessoire le plus intime de la danse orientale. Voiles d’Ishtar, voile d’Isis, voile de Tanit que Salammbô dérobe des mains de son amant, le Féminin se dévoile et se masque tour à tour dans les plis du voile.

Accessoire qui n’est pas soi et qui rend sensibles nos émotions, le voile doit être choisi avec grand soin ; je dirais même avec amour. Il faut aimer son voile comme l’atout qui l’emporte sur toutes nos imperfections. Or, j’ai observé trop de danseuses qui jettent, manipulent, dirigent leur voile, mais ne dansent pas avec. Je reconnais volontiers que c’est un accessoire qui cache bien sa difficulté derrière sa simplicité.

« Les bons outils font les bons ouvriers » Pour que le voile ne devienne pas un chiffon qui meuble l’espace mais dont on se débarrasse avec soulagement, voici comment le bien choisir. Continuer la lecture de « Comment choisir son voile de danse orientale ? »

Danse orientale, danse de fertilité ?

Crédit photo : Patrice Bucher

Etrange gestuelle cette danse orientale. Cela fait bientôt deux siècles que le public l’a découverte à l’occasion des expositions universelles qui se tenaient dans les grandes villes européennes.

Depuis, elle hante les imaginaires du monde sans que, finalement, nul ne la connaisse totalement.

Parfois identitaire, parfois vulgaire, parfois commerciale, parfois élégante, parfois sublime, parfois folklorique, parfois sincère, parfois sans âme, elle a autant de visages et de vérités qu’il y a de femmes qui dansent.

Certains affirment qu’elle est née en Egypte antique pour célébrer les cultes des déesses qui veillaient à la fertilité du monde. Mais la fertilité n’est-elle pas une fantaisie inventée pour célébrer la sexualité subordonnée aux codes qui ordonnent la reproduction des êtres et des relations de pouvoir ? Continuer la lecture de « Danse orientale, danse de fertilité ? »

Nombril

Crédit photo : Pierre Marcel

Il fut « umbilicus », puis « umbiliculus », transformé en  « lonblil », modifié en « nomblil » et devenu « nombril » en français, « navel » en anglais, « ombligo » en espagnol, « nabel » en allemand et « ombelico » en italien.

La censure hollywoodienne le bannit des écrans dans les années 30. Le bikini lui offre une visibilité, mais il faut attendre les années 70 pour qu’il acquiert une respectabilité…toute relative.

Cette cicatrice qui nous rattache au monde animal des mammifères placentaires est reliée aux parois latérales du petit bassin qui se trouve délimité par la cavité abdominale en haut, le périnée en bas et les hanches sur les côtés. Ce petit bassin est l’arche où se côtoient l’argile et les boues humaines : il abrite l’appareil reproducteur, l’appareil digestif et l’appareil urinaire.

Dans les monothéismes, cette contiguïté dans le bas ventre de l’homme de la vie et de la mort contrarie beaucoup. L’anatomie dément les dogmes selon lesquels l’espèce humaine serait une création particulière, plus proche du monde céleste que du règne animal.

Cette marque d’appartenance de l’humain à la nature, et particulièrement à sa manifestation femelle, est aussi une empreinte qui différencie chacun de nous. Tous les nombrils sont uniques. De telle sorte que cette signature personnelle symbolise à la fois notre lien avec l’indifférenciation des générations et des espèces et notre individualité issue de nos héritages et de nos aptitudes.

Le nombril est donc notre attache avec l’infiniment universel et l’infiniment intime.

Il n’est donc pas surprenant qu’il soit au cœur de la danse orientale qui célèbre les unions et les séparations nécessaires au cycle de la vie à travers les états de conscience de la danseuse. Continuer la lecture de « Nombril »