Al-Mu’tadid bi-Ilâh, lumières et ombres d’Al-Andalus

La civilisation andalouse (711 -1492) est la première d’Europe. Son degrés de raffinement, son goût des sciences et des belles lettres, son art de vivre sont toujours absents des livres d’histoire des sociétés européennes.

En effet, il existe une volonté de gazer cet héritage éminemment brillant, fruit de la rencontre de peuples, dont les élites fréquentent les savoirs hérités de la Perse et de la Grèce antiques, de Rome et de Constantinople, et ce longtemps avant la Renaissance.

De surcroît, ces élites sont formées aux mathématiques, à l’astronomie, à la jurisprudence, à la poésie, à la musique, à l’agronomie, à la littérature, aux langues, à l’architecture et à la médecine. Si bien qu’elles incarnent au 8eme siècle ce qui sera appelé dix siècles plus tard « l’esprit encyclopédique ».

Amadeo Preziosi

Toutefois, le talon d’Achille d’Al-Andalus est le même que celui des empires Omeyyade puis Abbasside : la division. Cette faiblesse lamentable – mais ô combien humaine – conduit à de nombreuses guerres entre factions, qui, en 1492, aboutissent à la conquête définitive du territoire par les catholiques.

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Wallâda et Ibn Zaydûn, les amants de Cordoue

Jean-Léon Gérôme

Après trois ans de siège, durant lesquels les partisans de Sulaymân al-Musta’in portent la mort et la désolation sur les terres de sirop de rose et de confiture de cédrat, la ville est passée au fil de l’épée. 20.000 morts.

« Une Destinée injuste les a accablés : dispersés aux quatre vents, la plupart d’entre eux périrent.

Les coups du destin les ont frappés, tant dans leurs demeures que dans leur chair : rien des habitations ni des personnes ne fut épargné. »
Ibn Shuhayd

Ce massacre est la conséquence d’un désordre de succession. Les héritiers omeyyades du califat sont la proie de factions qui s’affrontent brutalement. Durant quelques années, le califat passe aux mains des uns et des autres. Puis la réalité du pouvoir de Cordoue sur l’ensemble d’al-Andalus s’éteint à jamais.

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