4€90

L’esprit mercantile qui anime la plupart des acteurs de la danse orientale semble assez néfaste. Certes, il peut conduire à une certaine inventivité en stimulant l’apparition de nouveaux styles et de nouveaux produits, dont les danseurs eux-mêmes, mais il aboutit surtout à favoriser une production à la chaîne au bénéfice des meilleurs gestionnaires.

Tout en désapprouvant le marché de la danse orientale, je lui reconnais le mérite d’avoir créé l’environnement nécessaire à la survivance et au renouvellement, pas toujours pour le meilleur, de cette gestuelle.  Le monde « culturel », empêtré dans des préjugés, inconscient de son ethnocentrisme, est fermé à la danse orientale. Il ne peut l’envisager que sous l’angle de la tradition ou du métissage. Considérer la danse orientale comme une technique physique permettant l’expression d’états de corps dans le présent semble impossible. Le fait qu’elle soit une danse érotique féminine ajoute un obstacle quasi insurmontable à sa qualification d’art par les mandarins qui règnent sur l’espace culturel occidental.

Si la danse orientale grappille quelques subventions, les scènes prestigieuses lui sont inaccessibles. Cette absence de débouchés empêche la rencontre de la danse orientale avec les réflexions et les processus artistiques de son siècle. Interdite de sortir des clichés hérités de la période coloniale puis du cinéma égyptien, elle est bornée par des objectifs de performance et de lucre.

Cette ambiance encourage la recherche du moindre profit. Et tous s’y jettent sans hésitations. Continuer la lecture de « 4€90 »

Danser avec émotion

Rhett Butler « Autant en emporte le vent »

Quand j’apprends un mouvement, ou quand je l’enseigne, je pars de la technique. J’identifie les os et les articulations qui sont mobilisés, je détermine dans quel groupe musculaire le mouvement puise sa force, quelles sont sa direction et son énergie et de combien de façons différentes il peut se dessiner dans l’espace.

Une fois ce travail commencé, j’ai très souvent remarqué qu’il est plus facile d’obtenir une bonne qualité de mouvement en y ajoutant une émotion.

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« Evasion Orientale » chez Swany’s

Crédit photo : Institut Swany’s

J’ai parfois besoin de plonger dans un rêve lointain où je ne suis accessible qu’aux soins qu’on me porte. J’aime partir le temps d’un gommage, d’un bain ou d’un modelage. Les soins du corps me délassent et me rapprochent de moi-même, de ma toute petite enfance, quand le monde n’était que sensations et que j’accompagnais ma Maman chez l’esthéticienne. La cabine embaumait l’odeur de la cire chaude. Les femmes conversaient à voix basses au-dessus de ma tête. Je m’asseyais dans un coin avec un livre dont je tournais les pages machinalement, plongée dans une douce torpeur.

Quand je découvre le soin « Evasion Orientale » de l’Institut Swany’s, j’ai immédiatement envie de l’essayer. Je me demande ce qui se cache derrière ce titre séduisant. Quelle est l’inspiration de ce soin et comment il est réalisé.

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Pas de danse orientale parce que…

La danse orientale est un art encore mal connu. Certaines rêvent de s’inscrire à leur premier cours mais n’osent pas. D’autres sont séduites par la gestuelle mais trouvent son environnement de mauvais goût. Parfois, celles qui ont déjà fait le pas sont déçues par leur expérience.

Je vous propose d’évoquer les fausses raisons pour ne pas se lancer leur cœur léger dans l’apprentissage de la danse orientale. Et d’y répondre 🙂

Parce que ce n’est pas pour moi

L’apprentissage de la danse orientale est ouvert à toutes les femmes sans pré requis. Aucune femme n’est exclue de la danse orientale, que ce soit en raison de ses mensurations, de son âge ou de sa personnalité.

La technique est exigeante. Mais elle vise à mettre en valeur toutes les morphologies. Un même mouvement peut avoir un rendu différent selon la femme qui danse car le but en danse orientale n’est pas d’atteindre un stéréotype mais de permettre l’expression de la danseuse. Continuer la lecture de « Pas de danse orientale parce que… »

Les préjugés sur la danse orientale : Le cinéma, allié ou ennemi ?

En 1935, les studios Misr, fondés par la banque du même nom, voient le jour au Caire. C’est entre ces murs que la plupart des films égyptiens de la période dite « de l’âge d’or » (1940/1955) sont tournés.

Il s’agit majoritairement de comédies et d’intrigues sentimentales destinées à distraire un public populaire et féru de cinéma. Les scenarii visent à mettre en valeur les interprètes connus qui sont parfois associés à la production.

Dans ce contexte, les danseuses orientales sont très souvent employées pour apparaître dans des scènes où la danse est présentée comme un divertissement très agréable – voire exotique – pour les publics européen et américain.

C’est à ce moment que l’image de la danseuse orientale va définitivement se figer dans celle d’une séductrice jouant sur tous les registres allant de la femme enfant à la vamp. Son seul but est de plaire et de distraire. Majoritairement masculin, son public est subjugué mais il ne prend pas cette émotion au sérieux.

La danse n’est pas présentée comme un art. Tandis qu’à la même époque, la danse européenne traverse de grands changements qui mettent l’accent sur ses capacités à exprimer des états de corps et des états d’âme, le cinéma diffuse une image de la danse orientale qui la limite à un divertissement.

Cette vision arrêtée est celle qui demeure dans bien des esprits. Elle ne correspond pas à ce qu’est la danse orientale en considérant ses origines et sa pratique au fil des civilisations. Aux 18ème et 19ème siècles, les voyageurs revenus du Moyen-Orient témoignent d’une grande différence de personnalités entre les danseuses. Certains sont frappés par le détachement qu’elles ont vis-à-vis de leur public et par l’intériorité de leur danse. Pour aller plus loin : La danse orientale vue par…

Actuellement, la danse orientale s’appuie sur une technique de haut niveau. Mais si elle ne renoue pas avec ses sources et son intériorité, elle reste cantonnée dans les clichés charmants qu’illustre bien cette vidéo 🙂