Samia Gamal ou l’élégance de la femme enfant

'...les yeux dans les yeux avec le public.'

‘…les yeux dans les yeux avec le public.’

Samia Gamal est une légende. Dans le monde de la danse orientale, son nom est évoqué comme un sortilège dont la force est irrésistible. Pourtant, je n’ai pas le sentiment que son travail soit reconnu à sa juste valeur. Samia Gamal n’est pas seulement une danseuse orientale dont les apparitions divertissent le public, mais une artiste à l’expressivité puissante et une femme libre.

'...elle ne distinguait pas sa droite de sa gauche...'

‘…elle ne distinguait pas sa droite de sa gauche…’

Zainab Ibrahim Mahfuz nait en Egypte en 1924. Elle doit ses débuts sur scène à Badia Masabni qui l’engage pour un salaire de 3 pounds mensuels (une somme à l’époque) dans la troupe de danse du Casino Badia. Elle y danse d’abord en tant qu’extra. Dans une interview accordée en 1968 à Fouad Moawad, elle se souvient qu’elle ne distinguait pas sa droite de sa gauche, et qu’elle ne savait rien de la danse.

Elle prend des cours auprès d’Isaac Dickson qu’elle paie à crédit. Puis, quand elle se sent prête, elle présente un solo au Casino Badia. Le public ne l’entend pas de cette oreille. Il est venu pour Tahia Carioca et demande à être remboursé. Après cet épisode, elle disparaît durant un mois. Elle s’entraîne chez elle sur de vieux disques achetés à un marchand ambulant. Quand elle sent son temps venu, elle remonte sur la scène du Casino Badia. Cette fois, c’est un triomphe qui lance sa carrière.

Elle travaille depuis un an au Casino Badia quand elle décide de le quitter pour le El Dolf Club et un salaire de 30 pounds mensuels ! Parallèlement, le cinéma lui offre ses premiers rôles.

Si elle doit son nom de scène à Badia Masabni qui trouve que Zainab est un nom de ‘vendeuse de pop- corn’,  elle gagne son surnom de ‘la danseuse aux pieds nus’ en relation avec sa prestation dans le film ‘El Hub el Awal’ (‘First Love’).

Parlant de sa carrière, Samia évoque les anecdotes et l’humour de Fernandel avec lequel elle tourne ‘Ali Baba et les 40 voleurs’, et le film ‘Afrita Hanem’ qu’elle aime tant qu’elle espère refaire ce film, mais qu’elle ne sait pas si elle ferait un bon génie de 50 ans ! 😉

Samia tient à rappeler qu’elle doit son succès uniquement à son talent de danseuse et d’actrice. Les meilleurs moments de sa vie restent ceux  où elle a pu danser les yeux dans les yeux avec le public. C’est pourquoi ses lieux favoris pour ses spectacles sont  les night clubs où elle danse proche des gens et vit avec eux. Elle trouve plus embêtant de danser dans les mariages où elle n’est pas libre de ses actes, coincée entre les invités et les nombreux enfants, sollicitée par les belles-mères qui se disputent sa présence.

'...une amoureuse...'

‘…une amoureuse…’

Celle dont la devise est ‘Vivre et laisser vivre’ est une amoureuse. Après sa liaison passionnée avec Farid El Atrache,elle entame une tournée aux Etats-Unis où elle  épouse Sheppard King. Leur union est de courte durée, mais désormais, Samia possède une dimension de star internationale. En 1958, elle convole en secondes noces avec l’acteur égyptien Rushdy Abaza. Elle fait part alors de son désir de se consacrer uniquement à sa vie d’épouse. Mais elle tourne de nombreux films aux côtés de son mari. Le divorce intervient en 1977, ce mariage étant le plus long de Rushdy Abaza, dont la première épouse est …Tahia Carioca 😉  ! Samia cesse de danser dans les années 1980.

La Flamme s’éteint le 1er Décembre 1994.

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‘…ce qu’elles font paraît simple. Mais seules elles peuvent le faire comme cela !’

Je suis très heureuse d’avoir appris au cours de mes recherches pour écrire cet article que Samia aimait particulièrement ‘Afrita Hanem’ car c’est dans ce film que je l’ai découverte. Samia Gamal me rappelle Marilyn Monroe. Je ressens chez ces deux artistes la même innocence. Elles ont toutes les deux un magnifique sourire plein de franchise et un réel sens de l’humour. Ce sont des femmes enfants qui sont à la recherche de l’Amour, et leur apparence vulnérable émeut immanquablement. Mais je ne m’y trompe pas : ces sensualités fragiles et élégantes n’appartiennent qu’à elles. Ce qu’elles font paraît simple, mais seules elles peuvent le faire comme cela ! Ce sont plus que des stars. Ce sont des symboles.

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