Pratiquée depuis des millénaires, la danse orientale reste un mystère. Arrivée en Europe par le biais des expositions universelles du 19eme et du début du 20eme siècles, elle connaît un engouement dans les années 80 et 90. Depuis, elle est présente dans toutes les villes, sous des formes plus ou moins commerciales. Mais c’est quoi la danse orientale ?
La danse orientale s’inscrit à l’opposé de toutes les normes de la civilisation occidentale.
La « sagesse populaire » de nos jours incarnée par les vignettes Facebook, qui diffusent des phrases toutes faites attribuées à des auteurs qui n’ont, généralement, jamais écrit ou dit cela, affirme que ce qui ne tue pas rend plus fort.
C’est faux. Ce qui ne tue pas blesse.
L’enjeu est de continuer en faisant autrement.
Après ma maîtrise de droit, j’étais reçue en cycle de recherches d’histoire du droit et à la préparation à l’entrée à l’institut régional d’administration. Ces deux opportunités me laissaient dans l’indécision. D’autant que la danse orientale, que je pratiquais professionnellement depuis deux ans, était déjà toute ma vie. Mais le récit majoritaire ne plaidait pas en sa faveur. Sécurité, sécurité …
Je m’ouvrais de ce dilemme à ma mentor et costumière, Rita. Elle eut cette réponse nette et courte : « Tu ne te mettras pas à la danse à 40 ans. Une carrière universitaire, cela se reprend. »
Et je fus, et je suis, danseuse orientale.
Crédit photo : TOMA Studio
Danser et vieillir ne me semble pas un obstacle. Vieillir est une discipline. Il suffit de ne pas sombrer dans le triptyque petit bourgeois blé – bouffe – baise. Je l’ai toujours trouvé lamentable, je suis protégée.
Mais j’avoue que je n’avais jamais pensé que je puisse être blessée au point de devoir arrêter de danser. D’ailleurs, il valait mieux que je n’y pensasse pas, car l’idée de devoir me résigner à une « vie normale » était terrifiante. La chute fut autant physique que psychique.
Toute harmonie lutte contre les forces qui visent à sa dislocation. Face à ce constat, deux voies. Soit tu le nies, ou tu pars du principe que tu sortiras victorieuse du combat, ce qui n’est jamais arrivé. Soit tu la joues à la méditerranéenne : tu sais que tu vas perdre, mais tu le fais en toute jouissance.
Le temps passé et le plaisir pris à soigner son corps et son apparence sont des outils efficaces pour se ménager un espace mental où tu n’as que toi en tête. Et c’est l’antichambre parfaite pour ton cours de danse orientale.
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Que fait une danseuse orientale quand on lui défend de danser ? Elle renoue avec d’anciennes amours, le théâtre et l’Histoire, et acquiert une nouvelle compétence : la danse baroque.