Comment choisir son voile de danse orientale ?

Crédit photo : Patrice Bucher

Pour moi, le voile est l’accessoire le plus intime de la danse orientale. Voiles d’Ishtar, voile d’Isis, voile de Tanit que Salammbô dérobe des mains de son amant, le Féminin se dévoile et se masque tour à tour dans les plis du voile.

Accessoire qui n’est pas soi et qui rend sensibles nos émotions, le voile doit être choisi avec grand soin ; je dirais même avec amour. Il faut aimer son voile comme l’atout qui l’emporte sur toutes nos imperfections. Or, j’ai observé trop de danseuses qui jettent, manipulent, dirigent leur voile, mais ne dansent pas avec. Je reconnais volontiers que c’est un accessoire qui cache bien sa difficulté derrière sa simplicité.

« Les bons outils font les bons ouvriers » Pour que le voile ne devienne pas un chiffon qui meuble l’espace mais dont on se débarrasse avec soulagement, voici comment le bien choisir.

De la mousseline, sinon rien

La mousseline, « de l’arabe mawslowdotilī, de Mossoul » nous informe le Larousse, est un tissu léger et translucide. Le mot tissu désigne la manière dont les fils sont assemblés, et non pas la matière de ces fils.

Il existe donc des mousselines de soie, de coton, de laine et de polyester.

Pour moi, la transparence est primordiale. Il faut que la lumière et le regard passent à travers et que le voile dévoile avec netteté ce qu’il recouvre. A défaut, sa fonction d’accroître la valeur du corps et des mouvements de la danseuse est perdue.

On évitera donc les tissus opaques comme le satin, qui en plus est brillant et réfléchit la lumière, ce qui ne manque pas de faire ressembler la danseuse à un bonbon serré dans son emballage métallique.

Les tissus qui ne laissent pas passer la lumière jettent sur le corps de la danseuse une ombre qui semble lui faire reproche d’exister. Ce qui m’apparaît incompatible avec la danse orientale.

La qualité plutôt que la matière

Je me souviens d’un certain stage chez une certaine danseuse bénéficiant d’une certaine célébrité. Le thème était « Voile de Soie. » En fait de ‘voiles’, un carton débordait de rectangles de doublure de satin de soie de premier prix, mous et au tombé dégoulinant. Pour en obtenir le moindre effet, il fallait exécuter les mouvements avec brutalité, sans la moindre sensibilité. Je reconnais que c’était assez cohérent avec le style ‘énervé’ de ladite danseuse, mais, pour ma part, j’ai trouvé les deux heures de stages plutôt longuettes, dans l’attente que quelque moment de grâce fasse son apparition…

Cet exemple illustre bien que le choix de la matière du voile est secondaire. Ne vous laissez pas aveugler par le mot soie, et comparez la qualité des mousselines.

Beaucoup de voiles issus des boutiques spécialisées sont trop épais. Leur tombé est lourd et vous demandera de la force dans l’exécution des mouvements ce qui laissera peu de place à l’élégance et au plaisir.

La mousseline idéale est une mousseline nerveuse. Il faut qu’elle réponde et suive vos gestes sans efforts superflus. Il faut donc qu’elle soit souple sans être molle, légère mais avec une certaine densité pour que son tombé soit exact et vous mette en valeur.

Les mensurations idéales

Il n’y en a pas ! 😛

Les boutiques spécialisées proposent généralement une unique hauteur : 1m20 sur deux longueurs au choix : 2m10 ou 2m40.

La coutume veut que la longueur se détermine selon l’envergure de chacune. Cette envergure est la distance qu’il y a d’une main à une autre alors que les bras sont tendus horizontalement. La coutume, toujours, veut qu’à cette envergure on ajoute 10 cm à chaque main.

Mais j’ai constaté que cette méthode de mesure ne donne pas forcément des résultats satisfaisants et que la longueur de 2m10 convient à la majorité des danseuses.

C’est la hauteur qui décide du confort et du plaisir. 1m20 est adapté à peu de danseuses. 90/100 cm semblent être les hauteurs les plus appropriées et qui permettent de s’amuser en évitant les gestes brusques pour éloigner les risques d’enveloppement inhérents à une trop grande hauteur.

Crédit photo : Pierre Marcel

Le diable est dans les détails

Et oui ! quoi de plus joli qu’un voile en demi-lune ? L’inconvénient surgit quand, une fois mis en écharpe autour du cou, il faut le déplier et que c’est la longueur en demi-lune qui se présente … Cela se gère, mais il faut le savoir au moment de faire son choix  😉

Et quoi de plus séduisant que ces paillettes qui ornent le contour du voile ? Moins séduisant est l’effet décoiffé quand lesdites paillettes se prennent dans les cheveux au moment d’un « déshabillé » qui se veut fatal … Une danseuse avertie en vaut deux …  😉

Le test 

Vous prenez la mousseline avec les deux mains, vous la tenez en ciseaux entre les index et les majeurs. Vous placez vos bras en équerre, l’un tendu au-dessus de votre tête, l’autre ouvert à l’horizontale dans un angle à 90° avec votre corps. Vous laissez la mousseline tomber derrière vous. Observez comment elle tombe, avec quelle facilité les plis se referment sur votre bras tendu vers le ciel, comment les plis se forment dans l’angle formé par votre bras à l’horizontal et votre corps : il faut que ces plis soient fins et bien formés.

Puis vous avancez votre bras à l’horizontal vers l’avant. Vérifiez que la mousseline épouse au plus proche votre geste sans trop s’envoler et sans alourdir votre mouvement et qu’une fois arrivée devant votre corps, elle ne le dissimule en rien.

Si tel est le cas, vous avez trouvé la bonne ! Y a plus qu’à … 😛

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